Vaccination COVID-19 et infarctus du myocarde : un risque ou une protection ?
Les vaccins contre la COVID-19 sont-ils dangereux pour le cœur ? Depuis leur mise sur le marché, cette question revient régulièrement chez les patients coronariens. Une étude récente de grand envergure vient apporter des réponses claires et rassurantes.
Vaccination et infarctus : une inquiétude fréquente
La crainte d’un lien entre vaccination et infarctus du myocarde est née de quelques cas isolés rapportés après injection. Douleurs thoraciques, malaise, palpitations… Ces témoignages ont pu alimenter l’idée que le vaccin pouvait déclencher un événement cardiovasculaire aigu. Pourtant, ces impressions ne sont pas confirmées par les données scientifiques.
Une étude publiée en 2024 dans Nature Communications a analysé plus de 46 millions de personnes vaccinées en Angleterre entre décembre 2020 et janvier 2022. Conclusion : aucune augmentation du risque d’infarctus n’a été observée après vaccination.
L’effet protecteur indirect de la vaccination
Si la vaccination n’accroît pas le risque, l’infection par le virus SARS-CoV-2, elle, constitue un véritable danger cardiovasculaire. Les données montrent que le risque d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral est fortement accru dans les semaines qui suivent une infection COVID-19.
En réduisant les formes graves et les hospitalisations liées à la COVID-19, la vaccination agit donc comme une protection indirecte du cœur.
Après avoir analysé des millions de dossiers médicaux, les chercheurs concluent que les vaccins présentent un excellent profil de sécurité cardiovasculaire. On observe même une diminution du risque de thrombose, d'infarctus ou d'AVC :
- de 10% dans les 3 à 6 mois après la première injection de vaccin
- de jusqu'à 27% après une seconde dose de vaccin AstraZeneca ou 20% après une seconde dose de vaccin Pfizer/BioNTech
Ce que cela signifie pour les patients cardiaques
Pour une personne ayant déjà fait un infarctus, la prévention secondaire repose sur trois piliers :
• Le traitement médicamenteux selon le protocole BASIC (bêtabloquants, antiagrégants, statines, IEC).
• La correction des facteurs de risque : arrêt du tabac, alimentation équilibrée, activité physique régulière.
• La vaccination : grippe saisonnière et COVID-19 font désormais partie intégrante des recommandations.
En pratique, cela signifie que la vaccination ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme un allié dans la protection du cœur.
Les indicateurs clés à surveiller
Comme pour tout patient coronarien, il est essentiel de suivre régulièrement :
• La tension artérielle : idéale < 135/85 mmHg en automesure.
• Le cholestérol LDL : objectif < 0,55 g/L après infarctus.
• La glycémie et l’HbA1c : surtout en cas de diabète.
• Le mode de vie global : qualité du sommeil, gestion du stress, arrêt complet du tabac.
Ces indicateurs, combinés à une bonne observance médicamenteuse et à la vaccination, réduisent considérablement le risque de récidive.
Stratégies concrètes de prévention : passer à l’action
Au-delà du vaccin, une approche globale est nécessaire pour protéger le cœur :
• 1. Suivi médical régulier : visites trimestrielles chez le médecin traitant et suivi cardiologique annuel.
• 2. Hygiène de vie adaptée : alimentation méditerranéenne, activité physique modérée (30 min, 5 jours/semaine), limitation du sel et du sucre.
• 3. Vaccination : grippe et COVID-19 selon les recommandations, après discussion avec son médecin.
• 4. Éducation thérapeutique : comprendre sa maladie et savoir réagir face aux symptômes d’alerte (douleur thoracique, essoufflement).
Conclusion : la vaccination, une protection pour le cœur
Contrairement aux inquiétudes initiales, les données scientifiques sont claires : les vaccins contre la COVID-19 n’augmentent pas le risque d’infarctus. Au contraire, ils protègent les patients en réduisant le risque d’événements graves liés à l’infection.
Pour les personnes déjà touchées par une maladie cardiovasculaire, la vaccination s’inscrit pleinement dans la stratégie de prévention secondaire, aux côtés des traitements et des changements de mode de vie.













