Eveline a vécu deux infarctus, une opération à cœur ouvert et une réadaptation exigeante. Aujourd’hui, elle partage avec courage et générosité chaque étape de son parcours : les symptômes invisibles, le choc du diagnostic, la rééducation, les rechutes… et surtout, l’après.
À travers ses mots, découvrez qu’il est possible de reprendre sa vie en main après un infarctus. Un témoignage précieux, humain, inspirant — pour tous ceux qui traversent ou accompagnent cette épreuve.
Pourquoi avoir créé un groupe Facebook dédié aux patients post-infarctus ?
Après mon deuxième infarctus, j’avais un besoin urgent de parler, de partager ce que je vivais. Pas avec mes enfants — je ne voulais pas leur imposer mes peurs — ni avec mon compagnon. Je voulais leur montrer l’image d’une Eveline forte. Mais il fallait bien que j’extériorise quelque part…
Et aller chez le psy toutes les semaines, à 50 euros la séance, ce n’est pas envisageable pour tout le monde. Le groupe est né de là. On était deux au début, aujourd’hui on est plus de 3 5300. C’est devenu ma thérapie.
Que vous apporte concrètement cette communauté ?
Je peux tout dire. Tout ce que je n’ose pas dire à mes proches, je peux le dire là. Si je publie « aujourd’hui j’ai fait 18 000 pas », mes enfants n’en feront pas grand-chose. Sur le groupe, ça motive d’autres à bouger.
Il y a une compréhension immédiate. Je suis face à des gens qui vivent les mêmes choses : les mêmes douleurs, les mêmes doutes, les mêmes traitements lourds à suivre tous les jours. On s’encourage, on se soutient, on se comprend.
Ce besoin d’être compris est-il souvent négligé ?
Oui, énormément. L’infarctus, c’est invisible. Physiquement, on peut avoir l’air « en forme ». Mais l’épuisement, les douleurs diffuses, la fatigue chronique… tout ça, l’entourage ne le voit pas. Il y a aussi les angoisses, la peur de la récidive.
Sur le groupe, je peux dire que je n’ai pas envie de prendre mon traitement aujourd’hui, que je suis fatiguée, que j’ai peur… et je ne suis pas jugée. C’est fondamental.
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Le groupe aborde-t-il aussi les sujets tabous ?
Oui, et c’est ce qui en fait sa force. On parle de sexualité après l’infarctus, de la reprise du travail, des rapports avec nos proches, des douleurs, des dépressions. Il n’y a pas de tabou.
Et il y a aussi beaucoup de conjoints sur le groupe. Ils viennent chercher des réponses, de la compréhension. Parce que parfois, eux non plus ne savent pas comment aider ou réagir.
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Avez-vous observé un changement dans le profil des membres ?
Oui, et ça m’inquiète. En 2018, lors de ma première rééducation, j’avais 53 ans et j’étais la benjamine du groupe. En 2022, pour la deuxième, j’avais 58 ans et j’étais la « mamie ».
Sur le groupe, on voit arriver de plus en plus de jeunes, entre 35 et 50 ans. Ce n’est plus une pathologie de « vieux ». C’est un vrai signal d’alerte. Le stress, la sédentarité, l’alimentation, le tabac, tout ça touche désormais des actifs jeunes.
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Quelles seraient vos recommandations à une personne qui vient de vivre un infarctus ?
De ne pas rester seule. De parler. Si on ne veut pas en parler à ses proches, il faut trouver un lieu où on peut déposer tout ce qu’on a sur le cœur.
Et de rejoindre un groupe comme le nôtre. C’est une thérapie gratuite, bienveillante, sans jugement. On s’y sent légitime. On est tous passés par là.
Pourquoi ce type d’initiative est-il essentiel dans le parcours de soin ?
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) insistent de plus en plus sur l’importance du soutien psycho-social après un infarctus. Un accompagnement émotionnel structuré réduit le risque de rechute et améliore l’observance thérapeutique.
La communauté devient ainsi un prolongement thérapeutique de la réadaptation cardiaque, particulièrement utile quand l’accès à un suivi psychologique est limité. Elle permet aussi de briser l’isolement, souvent majoré par l’invisibilité de la maladie et l’incompréhension sociale.
Conclusion : Une force collective au service de la guérison
Le témoignage d’Eveline met en lumière une vérité souvent sous-estimée : la guérison ne passe pas que par les médicaments ou la rééducation physique. Elle passe aussi par la parole, l’échange, le sentiment de ne pas être seul.
Grâce au groupe « Infarctus : la vie continue », des milliers de patients trouvent un écho à leurs peurs, un miroir à leurs doutes, et une énergie collective pour continuer à avancer.
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